Demandeurs d’asile. Lettre ouverte du PCF 82 aux élu.e.s de la République

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Les associations, militants et citoyens autour de RESF 82 qui hébergent, accompagnent et favorisent l’accès aux droits des personnes précaires souhaitent vous saisir de leurs vives inquiétudes face à l’évolution de l’accueil des étrangers sur notre territoire, notamment du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile et des moyens insuffisants qui y sont consacrés par les services de l’Etat dans l’orientation de ces publics.

L’arrivée depuis quelques années d’un nombre plus important de migrants, en situation de grande précarité sociale et sanitaire a récemment été soulignée par la préfecture de Tarn et Garonne. Cela oblige à repenser une politique d’accueil respectueuse des droits et des besoins fondamentaux des personnes. Les réseaux tels que RESF et les associations militantes ne peuvent palier à cette responsabilité fondamentale de l’Etat.

Notre devoir républicain nous oblige à réagir envers celles et ceux qui arrivent, quel que soit leur statut administratif, et qui nous sollicitent pour un hébergement, un accès aux soins, une aide, un accompagnement sur les difficultés qu’ils rencontrent au quotidien.

Le secteur associatif s’est mobilisé, parfois avec les services de l’Etat, de l’OFII, de l’OFPRA pour accueillir au mieux ces migrants, pour tenter de répondre le mieux possible à leurs besoins, mais nous constatons la dégradation des conditions d’accueil qui leur sont proposées.

Montauban, 101 personnes dorment dans la rue

En décembre dernier durant plusieurs jours, les militants solidaires des réfugiés au sein du Réseaux Education Sans Frontières 82 ont suppléé à la défaillance de l’ETAT, et ont assuré l’hébergement de plusieurs familles albanaises, dont 6 enfants de 2 à 11 ans. Mais les bénévoles du réseaux n’en sont pas restés là.

Plusieurs actions ont été menées, et l’Etat a trouvé un lieu permettant l’accueil de nuit de ces familles, une cinquantaine de personnes en tout. Hélas, ce dispositif a été fermé le 30 avril dernier. Cela a pour conséquence de jeter à la rue une cinquantaine de personnes dont des femmes, des enfants et des bébés. Nous savons aussi que chaque jour, 50 autres personnes qui téléphonent au 115, ne sont accueillies nulle part et dorment par conséquent là où elles peuvent, souvent dans la rue.

Depuis le 30 avril et la fermeture du centre d’accueil de Montauriol les bénévoles du secteur associatif se sont mobilisés pour héberger dans des hôtels ces familles. Au total, 33 nuits d’hôtels sur 4 nuits ont pu être payées par la mobilisation citoyenne. De plus, la solidarité des citoyens mobilisés a permis de nombreux hébergements militants. Ces actions militantes permettent de répondre à une urgence à l’instant présent mais ne sont en aucun cas des solutions pérennes de long termes.

Les autorités annoncent la création de places d’hébergement d’urgence supplémentaires dont dont nous attendons la déclinaison locale (800 sur l’Occitanie). Cela pourrait être une bonne nouvelle, si le Préfet avait accepté de prolonger l’abri de nuit, le temps nécessaire à la mise en place des hébergements d’urgence annoncés. C’est une question de bon sens, d’humanité, de respect des droits de l’homme. Il n’est pas digne qu’au 21ème siècle, des hommes, des femmes, et des enfants, n’aient que la rue pour seul lieu d’hébergement. Une situation inacceptable, tout autant que la réponse donnée par la préfecture qui consiste à jeter à la rue les hommes seuls du service 115 (hébergement d’urgence) pour y héberger des publics plus fragiles (femmes, enfants…). Certaines familles depuis la nuit dernière ont trouvé refuge au 115, au détriment d’hommes isolés jetés à la rue. Ce jeu de chaises musicales est insupportable !

Ainsi, la fédération Tarn et Garonne du Parti Communiste Français lance un appel quant à cette situation urgente que nous rencontrons à Montauban. Les familles sans-abris, tout comme les militants associatifs à leurs côtés ont un besoin urgent de votre soutien afin que l’on puisse collectivement trouver une solution à cette situation.